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A PROPOS DE « JE »

Quand je dis qu’il n’y a personne, cela veut dire qu’il n’y
a pas quelqu’un à l’intérieur de ce complexe corps-esprit, il n’y a ni
individualité, ni entité. Mais la personne est là, un ensemble psycho-physique
qui pense, élabore des concepts, ressent, et parle éventuellement. Cet ensemble
qui dit « je » peut dire aussi « moi ».

Ce n’est pas quelqu’un-entité mais la personne en tant
que globalité, globalité individuelle au sein d’une Globalité qui l’enveloppe
et la pénètre totalement

Ce « je » qui semble, nous humains, nous faire fonctionner,
qu’est-il ou qui est-il ?

« moi », « je », c’est la forme parlée dérivée de l’ego.
L’ego est un concept, c’est-à-dire la représentation abstraite d’un objet, qui
qualifie l’ensemble de cet objet. Ici, la personne dans son ensemble,
l’ensemble physico-psycho-affectivo-mental qui, lorsqu’il se désigne lui-même,
dit « moi » et lorsqu’il parle dit « je ». Ce « je »
désigne ce que désigne l’ego, c’est-à-dire la personne qui parle, l’ensemble de
la personne qui, étant donné la complexité de son fonctionnement, a la capacité
de penser, dire ce qu’il pense et s’exprime par « je » qui résume la
pensée du corps-esprit, de l’individu vivant qui est là.
Cet ensemble qui dit « je », peut aussi dire « moi », un
tel ou une telle, une personne, un être en évolution, en devenir, mais
non-séparé, non-isolé de l’ensemble de l’univers dans sa totalité. Comme pour
tous les êtres vivants, c’est un phénomène surgi de l’Un qui s’exprime en tant
qu’oiseau, fleur, insecte, et en tant qu’humain. Mais dans tous ces êtres
infiniment complexes, il n’y a pas une entité papillon qui fasse voler le
papillon, ni une autre qui fasse chanter l’oiseau, grandir l’arbre, il n’y a
pas une entité moi qui fasse fonctionner l’humain.

De même que l’individuel n’est pas régi par un « je », l’universel
n’est pas régi par un « JE ». Au coeur de l’Un, au coeur du Tout, au
coeur de Cela qui Est, il n’y a pas une entité suprême, un JE qui dirige le
monde et auquel notre petit « je », lors de nos expansions de
conscience, pourrait s’identifier.

(Extrait de l’article paru dans 3e millénaire).