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VOYAGE VERS L’INSAISISSABLE

 

 

EXTRAITS

 

Dans son livre «Voyage vers l’Insaisissable », Marigal témoigne d’une expérience d’éveil qui a transfiguré sa vision du monde, la relation entre l’être individuel, Dieu et l’univers, moi et les autres.

« Nous ne sommes pas séparés, isolés. Il n’y a pas moi et les autres, et le monde. Les autres, le monde, moi, l’univers et ses myriades de formes et d’événements, sommes les membres d’un même corps, les gestes d’une même Réalité. Nous évoluons dans un même mouvement – expression de l’essence ultime qui se déploie et se reploie, sans cesse et infiniment.C’est là le secret qui ouvre la voie d’un monde de joie de plénitude ici-maintenant au cœur de nous-même, au cœur du monde et de tous les phénomènes.
Ce secret nous le connaissons depuis toujours, tout en ignorant que nous le connaissons, aussi devons-nous le découvrir bien qu’il soit déjà là. C’est un secret à vivre, à explorer, à devenir. Seul notre ego nous empêche de le voir ».

En voici quelques extraits :

…  Soudain, je prends conscience que quelque chose est changé, différent. Tout est net, clair, limpide, immédiat, comme si un voile avait été enlevé, comme si une vitre avait disparu. Je n’ai plus l’impression de regarder autour de moi, le centre du regard a disparu « je » ne suis plus dans le regard.
Les autres, le monde qui m’entoure, le personnage que je suis, participent d’une même vie, d’une même substance, sans séparation, sans rupture, dans un même mouvement fluide et harmonieux. Les gestes coutumiers se déroulent d’eux-même simples, faciles, portés par un silence intérieur intensément présent. Silence et amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même et de toute chose.
L’apparence du monde n’a pas changé mais le monde vit autrement, habité par ce silence et cet amour qui sont le coeur de toute chose et de toute vie. Le personnage (que je suis) n’a pas changé, mais « je » n’est plus dans le personnage, remplacé par ce silence et cet amour qui rayonne et chante à l’infini.

… Sans que je fasse rien pour cela, il m’arrive de me retrouver dans un état d’ouverture comparable à celui par lequel s’est amorcé de voyage. Tout à coup, sans qu’il n’y ait eu aucun signe avant-coureur, j’ai l’impression d’avoir « traversé » :
le monde n’est plus à l’extérieur de moi, je suis à l’intérieur ou plutôt, il n’y a plus ni intérieur ni extérieur. Le monde et le personnage que je suis évoluent en harmonie dans un même mouvement. L’état habituel, personnel, limité, est dépassé, transcendé ; l’être participe du Tout, de la Vie qui se vit en tant que vie ; il n’y a plus de « moi » qui fasse quoi que ce soit, qui soit à l’origine de ceci ou de cela.

…   Méditation
Espace intérieur dégagé ouvert sans limite …  calme – paix – sérénité.
Au sein de cette perfection, l’esprit s’anime, s’intériorise et s’élève à la fois, prend de la distance…
Une frontière de résistances indéfinissables barre la voie – c’est dense enchevêtré mouvant.
Pourtant, il faut traverser aller au-delà. Comment ? Je ne sais pas …

…  Je ne reconnais plus rien, ne comprends plus rien.
C’EST là  mais il n’y a pas « quelque chose ». « Pas quelque chose » tout proche et totalement sans référence, sans qualité, sans contenu – et à la fois intrinsèquement potentiel, vivant, mouvant, créatif. Déconcertant, insaisissable, inexprimable, indicible.
Mais « c’est ça » – Tout est là. Le coeur du monde, l’origine, la floraison et le vide de tous les phénomènes, la concrétude de l’instant… et « je-suis-qui-ne-suis-pas » est-cela-qui-EST qui-n’EST-pas ».

… A quelque temps de là.
L’espace primordial est d’une intensité prodigieuse. Immobilité foncière porteuse de tous les univers, de tous les possibles … Gigantesque  … Tout apparaît, disparaît, renaît, s’annihile dans ce néant-matrice cosmique.
CELA seul EST … toute conscience fondue effacée

…   Au sein de cette non-forme s’informe la conscience

                                                  CELA EST      –         CELA EST QUI EST
CELA conscience d’être l’UN –   Immuable indicible sans nom sans limite – porteur de tous les possibles.
Conscience à l’infini – Béatitude d’être à l’infini – Puissance à l’infini.
L’Immobile devient mouvement – Energie vibrante qui s’in-forme, devient matière-corps de lui-même.
Mouvement du Principe dans le principe, émergeant de lui-même, revenant en lui-même
De lui-même – en lui-même – par lui-même – vers lui-même
La forme est corps de CELA -Tout ce qui existe est corps de CELA
Le vide est substance de la matière   –     La matière est corps du Vide
L’Absolu est l’essence du relatif, Le relatif est corps de l’Absolu
Le relatif est redevenu Réalité. Le relatif est Réalité.

Ne suis-je pas tombée sur la tête ? Ai-je fait une pirouette ? J’en ai la sensation physique… En tombant sur la tête, je me retrouve sur mes pieds.
La forme est Vide          Le Vide est forme       La forme est forme         Le VIDE est VIDE
UN = Zéro = l’INFINI
La vie est là – l’amour et la joie – intense et paisible.

A partir de là se révèle une vision globale de nous-même, des autres, des relations de l’univers, et cette vision s’accompagne d’un sentiment de liberté : liberté au sein de l’immobile, liberté dans l’émergence de la forme-mouvement, liberté dans la danse du devenir, liberté dans la réintégration vers l’UN, le retour dans l’immobile.

… L’Insondable vaste, incommensurable, puissant, intense, s’éveille
La Conscience apparaît, éclot                Un frémissement, une vibration s’amorce
Ce premier mouvement au sein de l’Immobile est AMOUR…
Amour-Infini, composante d’Infini       Infini prenant forme             Infini prenant vie
Amour-vibration – Amour-mouvement            Amour-UN – Amour-joie
Joie dans le mouvement vers l’autre, son semblable, particule, cellule, tout être ou existence.
Amour-désir, désir de l’autre, désir de l’UN, nostalgie de l’UN,
que l’amour à travers la dualité nous permet de retrouver.
Amour-mouvement qui se déploie et se reploie vers la Joie et l’Amour de l’UN.

Ainsi l’amour, avant d’être un sentiment, est mouvement au sein de l’Immobile, mouvement au sein de la vie ; élan vers l’autre pour un retour vers l’UN : déploiement vers le multiple et reploiement vers l’unité. Déploiement qui, sur le plan humain, prendra de multiples visages, à l’image de conditionnements et de nos désirs, façonnés par l’emprise de notre ego.

Il n’y a pas moi et les autres – et le monde – isolés, séparés, qui s’opposent et rivalisent de pouvoir, de domination ; il y a tous les univers et leurs myriades de formes, de phénomènes complémentaires et interdépendants – expression de l’essence ultime qui s’in-forme (prend forme) à l’infini.
Cette connaissance-contemplation de la Réalité-(non-réalité) n’est pas du domaine mental, et le mental qui émerge de cette Réalité ne peut appréhender cette non-réalité. Sa perception procède de la vision – vision qui est silence, contemplation muette, vision qui est aussi accomplissement ; vision-silence qui « EST-VOIT », l’immobile vide, infini – l’immobile rayonnant, mis en mouvement, qui devient forme-conscience, forme-pensée. La vision voit le Vide, voit la mise en mouvement du Vide, voit l’interpénétration du Vide et des formes.

… Le paradis peut être ici, maintenant, au coeur de nous-même, les phénomènes étant la voie, le chemin pour y accéder à travers eux, à travers nous-même.